29 septembre 2007

La BD est sexuée.

Cher(e) petit(e) ami(e) Internaute,

Aujourd'hui, comme tu en as pris l'habitude peut-être, je vais râler. Je vais t'enseigner aussi. Des choses auxquelles tu n'avais éventuellement pas pensé, trop occupé(e) à récurer tes toilettes ou à tenter de sortir la cire de tes oreilles. Ah ben si, t'es comme tout le monde. Ca m'étonnerait que tu ne le fasses pas.

Donc, le sujet aujourd'hui va être : la BD est sexiste, cette salope (comment ça, y a un paradoxe ? ben non, justement pas).

Si l'on prend trois BD particulièrement emblématiques de mon enfance (ben ouais, c'est moi qui raconte donc je suis le centre du monde), auxquelles pourtant presque malgré moi je voue une sorte de culte intérieur et absolument inexplicable, on constate en tant que femme avec une certaine amertume et un sentiment presque de tromperie qu'elles sont lamentablement sexistes. Je pense surtout à Tintin, aux connards de Schtroumpfs et à Astérix et Obélix. J'ai la vague impression par ailleurs qu'Astérix s'en est légèrement mieux sorti de ce point de vue-là que les deux autres sus-mentionnés (Cherche pas, Mensionné c'est pas un prénom).

Comme je vois que tout le monde s'emmerde déjà face à ce superbe et non moins passionnant exposé, j'abrège le plus possible.

3 thématiques :
1. la présence (ou l'absence le plus souvent) des femmes dans ces BD
2. si femmes il y a, leur représentation
3. la neutralité confondue comme toujours avec le masculin

Donc :

1. On constate que les femmes sont particulièrement rares dans ces BD. Dans Tintin, la seule femme que (ou dont ? gné...) je me remémore est la Castafiore. Chez les Schtroumpfs, il me semble que la seule "femme" est la Schtroumpfette (y avait peut-être aussi une sorcière qui voulait absolument se taper Gargamel, mais on la lui fait pas à lui). Astérix par contre a su présenter et étoffer les personnages féminins du village au fil des épisodes. Ils sont devenus plus variés et ont pris plus de place dans les aventures. Mais la représentation de ces femmes toutefois apparaît malgré tout sexiste.


h_ros


2. Dans la représentation des femmes dans ces BD, il est intéressant de noter qu'elles sont soit :
a. des chieuses
b. des potiches
Je simplifie à l'extrême, on s'en doute, mais prenons le personnage de la Castafiore. Elle est insupportable, passionnée, excessive, collante. Elle fait peur aux hommes (ces fragiles petites choses) : le capitaine Haddock ne peut pas la blairer mais elle insiste, comme pour vraiment dévoiler toute sa chiantise. Elle est ainsi présentée comme franchement idiote, pénible, capricieuse et vaniteuse (ses seuls centres d'intérêt semblant être sa voix et ses bijoux, contrairement aux héros qui ont des problèmes autrement plus importants, pensez-vous donc). Bonnemine (la femme du chef du village) dans Astérix est représentée un peu de cette manière également, bien que peut-être de façon moins caricaturale, dans la mesure où l'on perçoit bien que son mari également est particulièrement pénible à vivre. Toutefois, elle complote (notamment dans Le Devin), est régulièrement source d'ennui (cf. La Zizanie) et semble complètement concentrée sur elle-même, sans jamais aucun souci du domaine public, notamment du village en l'occurence.
Dans le rôle des potiches, la plus intéressante me semble être la Schtroumpfette : elle passe justement du stade a au stade b. Dans un premier temps, avant d'être "améliorée" par le Grand Schtroumpf (figure de Pygmalion par excellence, qui sait modeler la femme telle qu'il la désire), elle est considérée comme laide et par conséquent agace facilement tous les Schtroumpfs qui ne semblent voir aucun attrait en elle. Après sa transformation, qui fait d'elle une blonde sexy (admettons...), elle n'a plus d'autre fonction que de plaire. Elle gagne son identité et sa valeur à travers le regard des Schtroumpfs. Falbala dans Astérix également, cette jeune femme séduisante qui attend le retour de son amant (ça me rappelle cette nouille de Pénélope, qui aurait mieux fait de se taper le facteur plutôt que d'attendre Ulysse, qui de son côté partouzait sans vergogne avec les sirènes). Elle ne parle pas vraiment, pleure surtout, mais on lui pardonne ce côté un peu "fade" parce qu'elle a le "mérite" d'être belle.
Soulignons également le fait que les femmes sont cantonnées au domaine du privé, du foyer (un peu moins dans Astérix, où elles participent également parfois à la guerre, boivent la potion magique et voyagent même un peu, dans les albums plus récents du moins). La Castafiore paie cher le fait d'être "publique", de se représenter sur scène. Elle est parfaitement ridiculisée dans la BD. Bonnemine manque de provoquer la destruction du village en allant dans la forêt voir le devin. La Schtroumpfette n'est même pas évoquée dans l'album concernant les votations. Elle ne se présente pas, ne sera pas élue.

3. (On est bientôt au bout, si si.) Concernant ces BD qui présentent presque systématiquement les hommes comme l'"humanité", je pense surtout à ceci : la Schtroumpfette est unique face à tous ces mâles. Elle devient par conséquent le particulier au milieu du général. Elle semble même être une espèce à part. Il y a les Schtroumpfs et la Schtroumpfette. Ce qui est valable pour eux n'est par conséquent pas valable pour elle. Et vice versa. Lorsque l'on parle des Schtroumpfs, on ne parle pas d'elle. Alors que les Schtroumpfs semblent somme toute passablement asexués et "neutres", la Schtroumpfette, elle, est précisément sexuée. C'est même son sexe qui la constitue toute entière et qui fait d'elle ce qu'elle est, alors que les Schtroumpfs sont qualifiés en fonction de leur tempérament ou de leur profession. Elle est l'Autre (comme aurait dit Simone de Beauvoir, mais ça tout le monde s'en tamponne). (Notons d'ailleurs à ce sujet à quel point le Schtroumpf coquet -assimilié à une "presque femelle"- est présenté comme pénible, futile, volatile, insignifiant, égocentrique, ridicule, vaniteux.) Ce sont des aventures d'hommes au départ qui sont présentées. Les femmes sont des accompagnatrices, des épouses, des aides, des subalternes, des trucs jolis dans le fond qui donnent un peu de piment aux affaires sérieuses des héros masculins.
Pour finir, en parlant de neutralité amalgamée au genre masculin, deux mots sur les animaux de compagnie de ces trois BD. Aussi bien dans le cas de Milou que d'Idéfix ou d'Azraël, ce sont des mâles. Là encore, dans l'imaginaire du lecteur et de la lectrice, ce sont les mâles qui restent important. Même parmi ces foutus animaux (que je salue au passage, s'ils me lisent).
Et les femelles au second plan.


chien


Merci donc, ami(e) Internaute pour ta patience. Je sais que tu n'as pas tout lu et que tu es directement passé(e) à la dernière ligne, mais quand même hein, bravo à toi.

Posté par karaz à 08:47 - - Commentaires [17] - Permalien [#]

Commentaires sur La BD est sexuée.

    Cléopatre

    Pour Tintin, je crois que l'homosexualité latente a été déjà beaucoup pointée, analysée. Pour Astérix, j'ajouterais Cléopâtre, comme personnage féminin. Sinon sur le reste, je te suis complètement. !

    Posté par Alexe Popova, 11 janvier 2008 à 16:26 | | Répondre
  • pas de titre

    j'aime bien ton analyse...parce que je me souviens avoir fait la même...mais uniquement sur Tintin dont j'étais (et reste) une grande fan.
    ouaip la castafiore peut se brosser pour se coincer le capitaine qui j'en suis sure a tamponné tintin à moulinsart.

    voilà...ceci était un commentaire instructif, interessant et particulièrement pointu de moi...(et le pire est que...je reviendrais gniark gniark)

    Posté par Jess', 29 septembre 2007 à 10:22 | | Répondre
  • Incroyable, j'ai tout lu jusqu'à la fin.
    Encore plus fou : je suis complètement d'accord avec ton avis, très pertinent.

    De ces trois oeuvres, Tintin me semble la plus détestable dans la mesure où non seulement ça fleure bon le sexisme mais aussi le racisme (cf. en particulier Tintin au Congo). La Catasfiore tient le le rôle principal, mais il y a aussi sa femme de chambre et puis plusieurs autres figures féminines très cruches qui ponctuent les albums. Je me souviens par exemple d'une figurante qui ne jure que par son chien Mirza (je crois, de mémoire).

    Bref, je pense que ces bds sont fortement datées aujourd'hui au sens propre comme au figuré. Mais faut-il en excuser la teneur à cause du contexte historique ? Je ne crois pas. D'un autre côté Lucky Luke, oeuvre contemporaine des trois que tu analyses, s'en distingue. Il ne me semble pas que le sexisme y soit si flagrant.

    Je pense aussi que les enfants, d'eux-mêmes, ne perçoivent évidemment pas bien ce qu'elles véhiculent d'affligeant, mais que néanmoins il est possible de leur faire comprendre.

    Posté par alexxyane, 29 septembre 2007 à 11:12 | | Répondre
  • @Jess
    Je reste également "fan" (si on peut dire) de ces BD. Parce que leurs scénarios me semblent dignes d'intérêt, qu'elles ont certainement contribué à l'essor de ce type d'expression (et je suis particulièrement attachée à la bande dessinée), que leurs dessins sont expressifs et que tout simplement, elles (les BD) me rappellent mon enfance.

    Ca ne m'a pas empêchée, déjà toute petite, de me demander où étaient les femmes bon dieu de bordel de merde.
    J'avais du mal à m'identifier avec celles qui étaient présentées. A part parfois à Bonnemine. Et encore.

    Posté par karaz, 29 septembre 2007 à 11:30 | | Répondre
  • @alexxyane
    Finalement tu vois, c'est assez personnel. Moi de ces trois, on s'en sera douté(e), j'estime que ce sont les Schtroumps qui sont les plus sexistes (enfin pas eux, leur auteur quoi). Dans Tintin, les femmes sont le plus souvent absentes, ce qui effectivement dans le fond n'est pas mieux.
    Mais la Schtroumpfette est un personnage tellement intéressant du point de vue de la réflexion féministe. Elle est ridiculisée, rabaissée, représente un peu la mère, un peu la pute... Y a tellement à dire sur elle.

    Ce que tu dis sur le racisme est particulièrement intéressant. J'ai failli faire une analogie justement mais je trouvais déjà le post passablement long.
    Mais rien que l'album "Schtroumpf noir" en dit long quand même soit sur une forme de racisme latent, soit sur une "erreur" de l'auteur (mais j'y crois moins). Pourtant dans son album "Schtroumpf vert et vert Schtroumpf", on sent une tentative -au demeurant intéressante- d'expliquer l'intolérance. J'aime assez cet album du reste.

    Concernant Lucky Luke, je ne suis pas tout à fait d'accord. Dans la mesure où le personnage principal est un homme, qu'il poursuit presque toujours des hommes et que même son cheval est un mâle.
    Mais il est vrai, je l'admets, que M'a Dalton et Calamity Jane ont offert une possibilité aux filles de s'identifier.
    Je dois dire que je suis moins "en colère" concernant Lucky Luke effectivement.

    Tu fais bien de le citer. Je l'avais oublié, celui-là.

    Posté par karaz, 29 septembre 2007 à 11:38 | | Répondre
  • Hergé et Peyo étaient mysogines, c'est un fait
    par contre, relis Asterix (je parle de Astérix du vivant de Goscinny, après c'est n'importe quoi) : ok, les femmes ont des rôles secondaires, mais elles sont pas si potiches que ça, elles sont finalement moins ridicules que leurs maris

    Posté par raph, 29 septembre 2007 à 13:08 | | Répondre
  • Merde, comment tu as su que j'étais passé directement de la première ligne à la dernière ?

    Posté par STV., 29 septembre 2007 à 14:05 | | Répondre
  • Concernant le racisme, la difficulté réside, à mes yeux, dans le fait de déterminer la limite entre l'humour et les idées, les convictions profondes, des auteurs.
    La bd étant par excellence le terrain de l'humour, pour le meilleur et pour le pire - si je puis dire.
    Ajoutée à cela, l'ambivalence qui peut animer tel ou tel auteur.
    Réellement raciste ou pas ?
    Tandis que pour la mysoginie, cela apparaît peut-être plus évident - dans le strict cadre de la bd, bien sûr. Enfin je ne sais pas trop, parce que c'est vrai que nous avons chacun(e) nos visions et sensibilités très personnelles.

    Comme tu dis, Peyo a produit des scénarii pour le moins douteux et en même temps a infiltré l'idée de "différence" : déjà, les schtroumpfs ne sont pas du tout humains, ils sont bleus, ce sont des sortes de nains, bizarrement accoutrés. Mais il est tout à fait possible qu'il ait développé un racisme inconscient, comme tellement d'autres.

    Le racisme de Hergé est pour moi plus frappant, plus évident à déceler, car il est ce vieux racisme (neo)colonialiste bien connu, tu sais, qui s'affirme et se protège au prétexte de diffuser la "bonne" parole, celle de la civilisation soit disant avancée, dans le monde.
    Singulièrement, c'est insidieux et manipulatoire je trouve; d'autant qu'une forme d'humour (qui ne m'a jamais faite vraiment rire aux éclats personnellement) accompagne les péripéties de Tintin.
    Certes Tintin est ami avec des étrangers mais c'est toujours lui qui domine, qui sauve, qui voit juste. Son ami Tchang, avec lequel il développe un lien pour le moins ambigu (là je pense surtout à une sorte d'homosexualité non dite) dépend de Tintin, avant tout; ce n'est pas vraiment un partenaire, un binome, égal.

    Chez Uderzo et Goscinny la tolérance m'apparaît plus large. Malgré que les héros soient retranchés et vindicatifs de l'autonomie de leur village, et donc que l'idée de guerre, de frontières entre les peuples soit omniprésente, en fait c'est l'hégémonie toute puissante des romains qui est dénoncée avant tout. Et les différentes régions, les pays, parcourus par les héros ne sont jamais dénigrés comme ils peuvent l'être dans Tintin. Cela dit, on peut y voir quand même une forme de nationaliste gaulois un peu dérangeant peut-être.

    Oui, sinon pour revenir au sexisme, à la mysoginie (que je considère comme une forme de racisme en fait..mais ça mériterait une réflexion à part entière), c'est frappant comme l'héroïsme de la bd est la plupart du temps masculin. Ce prototype est parlant, je suis d'accord, tu as raison de le mettre en exergue.
    Même si selon les bds, des nuances notables existent concernant la représentation des femmes (chez Lucky Luke globalement les filles me semblaient moins potiches, plus sensées pouvoir agir comme un homme en somme; ce qui est à l'antipode de la schtroumpfette clairement), ça reste un élément qui en soi signifie beaucoup.

    Difficile de tout citer, quoiqu'il en soit bien sûr. J'ai moi-même été très tôt plongée dans la bd, c'est un goût qui m'est resté. Petite et jeune ado, je lisais aussi des Gaston Lagaffe, Spirou et Fantasio (et petit Spirou), Achille Talon, Calvin et Hobbes..
    Encore, toujours, en effet, des héros masculins. Dans ces bds, comme dans Lucky Luke, les filles sont moins stigmatisées mais elles restent au mieux sources de questions, de mystères, de prises de tête et surtout elle ne sont jamais véritablement centrales, leur devenir dépend des hommes.

    Arf, j'ai fait une tartine là. Je suis désolée.

    Tes dessins caricaturaux sont excellents, également, mdr (pas de smiley adéquat ici mais j'étais réellement pliée en les découvrant) !

    Posté par alexxyane, 29 septembre 2007 à 14:13 | | Répondre
  • @raph
    Je suis d'accord avec toi sur le fond. Dans les commentaires d'ailleurs, j'ai tenté de nuancer. C'est vrai, les personnages féminins dans Astérix sont plus fournis et variés que dans d'autres BD. Le hic évidemment, c'est qu'elles ne sont jamais au centre de l'histoire (sauf peut-être dans un album récent, mais plus du même auteur justement). Mais je trouve malgré hyper instructif qu'elles existent et s'enrichissent de plus en plus au fil des albums. Parce que si tu regardes les premiers, clairement les femmes ne sont que décoratives...

    Y a eu une évolution intéressante de ce point de vue-là, c'est clair.

    @STV
    Je le savais parce que je te filme 24h sur 24 et que je sais tout sur toi !
    D'ailleurs aujourd'hui tu portes un caleçon noir.

    Posté par karaz, 29 septembre 2007 à 15:01 | | Répondre
  • @alexxyane
    C'est marrant, on est vraiment sur la même longueur d'onde aujourd'hui.

    J'ai pensé à Tchang beaucoup également et je m'étais fait(e?) la même réflexion concernant l'ambiguité de sa relation avec Tintin. Et sur une sorte de supériorité morale de Tintin. Une très probable supériorité du Blanc, du Français (ou du Belge ?), qui apprend à l'étranger "qui ne sait pas".
    Mais pas seulement : comme Tchang semble représenter une forme de pureté encore plus manifeste que Tintin, qu'il semble plus "infantile", plus "naturel", non-corrompu, je l'avais un peu comparé aussi aux représentations de la féminité, qui est elle aussi souvent ramenée à la nature, à l'"essentiel", à l'enfance également.
    D'où ma conclusion -mais un peu hâtive peut-être- qu'il y avait une forme d'homosexualité latente dans la relation Tintin-Tchang (mais à quand le pacs ?).

    C'est vrai que "Tintin au Congo" est franchement une bouse de racisme. D'ailleurs Hergé s'est pas mal excusé par la suite dans un certain nombre d'articles. Il est évidemment aussi représentatif d'un époque et d'un contexte, mais ça n'excuse pas tout.

    Les femmes dans Lucky Luke peuvent effectivement se comporter comme des hommes et elles le font même parfois. Mais là encore si l'histoire existe, c'est avant tout pour parler d'un homme, d'UN cheval, de bandits (le plus souvent). Et puis le nombre de danseuses de cabaret et de putes en tous genres (pas de jugement de valeur dans ce terme, je précise) est assez édifiant. En temps que gamine, ça me dérangeait un peu parfois je dois dire (mais j'étais précoce, haha).

    Bref... Tout ça pour dire que la BD est largement tributaire d'un contexte. D'où l'intérêt d'ailleurs de l'analyser.

    Posté par karaz, 29 septembre 2007 à 15:11 | | Répondre
  • ça ne marche pas que pour la bd, ça marche pour pratiquement toute la littérature, le cinéma, la pub qui reste horriblement sexiste

    Posté par raph, 29 septembre 2007 à 17:18 | | Répondre
  • @raph
    Evidemment ! C'était un exemple parmi des milliers d'autres.

    Posté par karaz, 29 septembre 2007 à 17:28 | | Répondre
  • Intéressant comme analyse. Ce pourrait-il que les créateurs de BD masculins se réfèraient à leur enfance pour leur BD? Enfance où ils ne connaissaient que dalle (non pas Béatrice) sur les femmes. Ce peut-il aussi qu'ils aient eu une gêne à donner aux enfants (mâles, puisque comme eux) une représentation de la femme ? Je ne cherche pas à les excuser, je questionne simplement.

    Posté par Ce Bref Réveil, 29 septembre 2007 à 21:40 | | Répondre
  • Oui, je pense qu'il y a beaucoup de ça en effet.
    Mais bizarrement une femme qui ferait de la BD oublierait moins de représenter les hommes, il me semble. (Peut-être est-ce là un préjugé.)

    Je pense à quelques exemples :
    La femme de Zep (créateur du Titeuf), Hélène Bruller, est aussi autrice de BD. Curieusement -ou pas- elle fait très régulièrement apparaître son époux dans ses scénarii.
    La BD de Brétécher (autrice des "Frustrés" notamment) n'a pas omis les hommes non plus.

    Je ne sais pas. Ta remarque est judicieuse. Evidemment, je suppose que l'on se raconte aussi soi-même à travers nos écrits, nos dessins, etc. Pour autant, je reste convaincue que le fait d'"oublier" les femmes n'est pas anodin.

    Posté par karaz, 29 septembre 2007 à 22:15 | | Répondre
  • (Merde, c'est vrai aussi pour la couleur de sous-vêtements... Huhu, ça donnerait presque envie de l'enlever ! :p)

    Posté par STV., 30 septembre 2007 à 13:47 | | Répondre
  • Tout d'abord je me suis aussi fait choper à la fin de ton post. Donc j'ai pris ma roulette a deux mains et suis retourné lire les dernières lignes.

    Ensuite je ne m'hasarderais de loin pas dans une analyse aussi approfondie que la tienne ni celles intéressantes des autres intérvenant... mais je me pause cette question assez simple.

    Ce sont des BD d'époque que tu cites, ne sont-elles pas le reflets d'une société à un moment donné de notre histoire. Ces auteurs ne nous laissent-ils pas un merveilleux témoignage `? Mais ton post n'en est pas moins intéressant pour autant et je me demande si tu es allée au rayon BD de la F... pour lire qlq BD contemporaine pour voir de quelle manières les auteur(ice)s ont, ou non, modifié leur vision du monde femme - homme.........bonne soirée

    Posté par Fab, 01 octobre 2007 à 23:54 | | Répondre
  • Je suis complètement d'accord avec toi.
    C'est tout l'intérêt aussi d'analyser l'apport de la littérature, de la peinture, de la photo, du cinéma, de la BD, de la culture plus généralement. Ca permet d'avancer des hypothèses plus ou moins justes sur une époque et un contexte.

    Et c'est clair que notre époque comporte aussi ses failles, ses bénéfices, ses carences, ses richesses. On voit assez bien parfois une évolution des mentalités à travers l'analyse des productions culturelles, c'est clair.

    Posté par karaz, 02 octobre 2007 à 10:32 | | Répondre
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